
Vendôme : La laïcité indispensable au « Vivre ensemble »

Le Comité Vendômois de défense de la laïcité a tenu son assemblée générale au tout début du mois de mars en présence de Laurent Brillard, maire de Vendôme, de Minthy Mabiala Boussi ainsi que de Béatrice Arruga, deux de ses adjointes. Maryse Haslé, sa présidente a rendu hommage à Jean-Louis Charpentier, premier président de l’association, décédé en ce début d’année 2025. L’association se veut lanceur d’alertes quant à l’évolution de la défense de la laïcité dans les établissements d’éducation qui garantit la liberté de chacun.
L’on pourrait croire que depuis la Déclaration des Droits de l’Homme en 1789 où avaient été posés les fondements de la laïcité : neutralité de l’Etat, égalité de tous devant la loi sans distinction de religion ou de conviction, le principe serait bien ancré dans les consciences au XXIe siècle ; Ainsi que l’a écrit Elisabeth Badinter « la laïcité est la seule solution pour qu’il puisse y avoir la paix entre des gens venant d’horizons différents. » Dans une société démocratique pluriculturelle moderne, la laïcité est une garantie de la liberté ; porter des signes extérieurs d’appartenance à telle ou telle religion est considéré comme une atteinte à cette indispensable neutralité; l’école est par nature un lieu où l’on apprend le « vivre ensemble » ; celui-ci repose entre autres, sur le respect mutuel, la tolérance et le dialogue. Cela suppose que chacun, quelle que soit sa religion, s’interdise le prosélytisme par quelque moyen que ce soit.
Malheureusement, cette laïcité qui devrait être une règle universelle, est de plus en plus contestée et souvent bafouée au sein même des lieux où elle devrait être défendue et protégée avec le plus d’ardeur. L’Histoire récente nous prouve que les enseignants chargés de transmettre les valeurs fondamentales de la République, sont exposés à la vindicte de ceux qui instrumentalisent la religion aux fins de manipulations politiques.
Hommes politiques et enseignants sont appelés à faire face avec détermination aux tentatives d’intrusion et de déstabilisation du milieu scolaire impulsées par des groupes qui détournent à cette fin, les fondements de la laïcité. En 1989, « l’Appel des cinq » signé par Elisabeth Badinter, Régis Debray, Alain Finkielkraut et Catherine Kinzler , déclarait : « la laïcité est et demeure par principe une bataille comme le sont l’Ecole Publique, la République et la liberté elle-même. Leur survie nous impose à tous une discipline, des sacrifices et un peu de courage. Personne, nulle part, ne défend la citoyenneté en baissant les bras avec bienveillance. »
Maryse Haslé, professeur agrégé de Lettres Classiques, dans un article publié dans le n°99 de la revue « Cités », sous le titre « La Laïcité à l’école (1989-2024) ! de l’ignorance à l’inquiétude, témoignage d’un professeur de Lettres » , nous livre une analyse aussi réaliste qu’inquiétante d’une situation qui ne cesse de se détériorer. Maryse Haslé fait revivre la rentrée de septembre 1993 où le conseil d’administration du lycée Ronsard, confronté à un problème de port de signes d’appartenance religieuse, décide de l’application d’une laïcité stricte, soutenu à l’échelon local par les élus, toutes tendances confondues. L’auteur de l’article démontre que les élèves concernées faisaient l’objet d’une manipulation politique sous-jacente. Cette affaire est à l’origine de la création du Comité vendômois de défense de la laïcité qui s’est donné pour mission l’information du corps professoral et l’organisation de conférences annuelles sur la laïcité ; l’ action menée alors en faveur de la promulgation d’une loi qui règlerait le problème et permettrait le rétablissement du calme, avait été largement soutenue par des personnalités aux parcours très divers qui avaient signé le Manifeste qui demandait « une stricte séparation entre la sphère publique et la sphère privée. La loi du 15 mars 2004 avait pour objet de répondre à cette attente.
Vingt ans après, dans son rapport moral, Maryse Haslé a appelé à ne pas baisser les bras devant la recrudescence des violences et l’ensauvagement qui entrainent un affaiblissement plus ou moins insidieux de la liberté d’expression. Maintenir fermement la laïcité dans les établissements scolaires n’est absolument pas un signe d’intolérance, bien au contraire.
La présidente a annoncé ensuite que le Comité Vendômois de défense de la laïcité organiserait, le 26 avril, à la salle Ronsard au Minotaure, une conférence de Didier Lemaire sur le thème « Laïcité, croyances et savoir ».
Sabine Campion
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