Festival de Montoire : Un prélude enchanteur à Artins


Alors que le tourbillon médiatique déverse son torrent de nouvelles alarmistes dominées par la violence des hommes et des éléments, le Festival de Montoire offre une parenthèse enchantée, un moment rafraichissant où les mots amitié et solidarité ont encore un sens. Le Prélude qui s’est joué dans la vieille église d’Artins nous a permis  de rencontrer   des artistes d’une qualité exceptionnelle, représentatifs de cultures bien différentes mais toutes aussi attachantes.

Dipal Pandya, chorégraphe et danseuse, est une spécialiste du Bharata Natyam , l’une des principales danses sacrées  traditionnelles du sud-est de l’Inde qui se caractérise par un enchainement gracieux et rapide de mouvements du corps et  du visage ; les pieds, les bras, les mains, les doigts, les yeux sont en perpétuelle évolution. Les spectateurs ont assisté à une démonstration fascinante de la virtuosité de cette artiste mondialement réputée.

L’ensemble Kesaj Tchave de Slovaquie dirigé par Ivan Akimov réunit des jeunes Roms de la région des Tatras. « Kesaj » est le nom d’une fée tsigane à laquelle s’attache  le principe que « Pour recevoir de l’amour, il faut savoir en donner » ; « Tchave » signifie enfants. Leur spectacle  bouleversant est un enchainement de tableaux où se mêlent mélancolie,  conviction, énergie, rage de vivre, enthousiasme : « Je veux qu’on me regarde tel que je suis ! » « Je suis tsigane, j’ai pas choisi ! » Chants, danses, musiques  dégagent un formidable message d’espoir pour tous .

Dans la salle, nombreux étaient ceux qui ont été émus aux larmes par ce groupe atypique !

L’Ensemble académique des étudiants de Maribor  défend avec passion la musique de son pays, la Slovénie, où il est partie prenante du célèbre Festival de Maribor. Valses et polkas, battements des mains et des pieds ponctués de cris joyeux, ont offert un moment de rafraichissante gaité pour terminer ce Prélude du Festival.

Plus que jamais, les manifestations telles que le Festival de  Montoire ont un rôle primordial à jouer.  Alors que sous la pression des technologies nouvelles, les cultures propres à chaque peuple tendent à se fondre et à disparaitre,  il est essentiel de maintenir des lieux  d’échanges où ceux qui les défendent se retrouvent et puisent la force de poursuivre leur combat.  

Sabine Campion