Le Festival de Montoire, une belle aventure qui résiste au temps


Jean-François et Adeline Proux accueillis sur la tribune par Arnault Tafilet

« Les humains doivent se reconnaitre dans leur humanité commune, en même temps que reconnaitre leur diversité tant individuelle que culturelle. » ( Edgar Morin)

16 août, dernier jour du Festival déjà ! Demain,  les Papys vont s’atteler à la tâche pour rendre au Quartier Marescot son aspect quotidien. Pendant une semaine, grâce à la magie du Festival, Montoire a été un carrefour du monde. Si le nom de cette petite ville de 4 000 habitants est connu à Sydney, Montevideo, Bakou ou Ljubljana, etc c’est parce qu’Adeline et Jean-François Proux ont su, il y a plus d’un demi-siècle, mobiliser des bénévoles pour y  créer une manifestation internationale dédiée aux cultures du monde alors que ce monde sortait de conflits éprouvants ;  leur travail a été poursuivi avec le même acharnement et un succès grandissant par Philippe Proust. Ce n’est pas par hasard si quelque 230 bénévoles parmi lesquels de nombreux jeunes, consacrent chaque année, leur temps et leur énergie à son organisation. Le Festival a un sens, il porte un message  d’ouverture à l’autre et de solidarité, qui a été parfaitement compris par les groupes qui s’y produisent et qui demandent à y revenir.

Malgré les conflits qui se multiplient et les difficultés qui s’accumulent pour faire venir des groupes, le Festival accomplit des prouesses et parvient à recevoir de nouveaux pays. Cette année, l’Azerbaîdjan, la Nouvelle-Zélande, la Slovaquie, le Sulawesi, la Corée du Sud, avec l’Inde, le Mexique, la Slovénie, Tahiti, l’Uruguay et les USA ont enchanté le public ; les jeunes tziganes de Slovaquie et leur formidable responsable, Ivan, nous ont touché au cœur.

 L’éblouissant gala de clôture a permis au public d’apprécier dans leur diversité, la richesse   des cultures représentées. Si l’expression de chacune est différente, elle n’en est pas moins belle. Ce fut un grand moment de partage joyeux ! La musique et la danse sont des moyens d’expression communs et compris par tous. Entre les artistes eux-mêmes et entre les artistes et le public se crée une connexion particulière ; le Festival donne l’occasion de percevoir les différences comme un facteur d’enrichissement et non comme une source de peur. C’est un lieu où les barrières sont abolies.

L’organisation de la danse finale a été confiée à  Thehoe, la chorégraphe de l’Ensemble Taumata Whitireia de Nouvelle Zélande. La culture maorie ,de tradition orale, perpétue le culte des ancêtres  et célèbre la nature : du mariage de « Rangi et Papa » (Père ciel et mère  nature ) sont issus les autres dieux. Sur la scène, alors que le groupe maori chantait, les danseurs  et porteurs de drapeaux des autres pays voltigeaient autour d’eux. Alors que les hommes se déchirent  et que le vivant (faune sauvage, forêts, végétaux…) disparait  en fumée, la culture maorie nous incite à réfléchir à une autre voie,.

Sabine Campion