Les enfants cachés de Trôo : Célébration du 30ème anniversaire de la pose de la plaque de remerciement


Patrick Eclercy Deterpigny, maire de Trôo, et Jean-Luc Eclercy-Deterpigny, président de l’association « Au Coeur de Trôo »

Répondant à l’initiative de l’association « Au Cœur de Trôo », le conseil municipal du village a décidé de célébrer le 30ème anniversaire de la pose de la plaque de remerciements des enfants juifs cachés à Trôo de 1942 à 1944, le 26 septembre à 11h.

Retour sur le passé

Suite à la Raffle du Veld’Hiv, le 16 juillet 1942, pour sauver les enfants juifs menacés de persécution par le régime nazi, des institutions ont organisé leur départ de Paris vers différentes régions. Le dispensaire « La Mère et l’Enfant » et l’Oeuvre de Secours à l’Enfance, ont orchestré l’exfiltration de certains d’entre eux, dans des familles, souvent modestes, vivant dans de petits villages.  En ce qui concerne Trôo et  les villages voisins, il est revenu à Marie-Josée Courbet, assistante sociale , d’ accompagner les enfants de Paris à Pont-de-Braye en train puis, à pied jusqu’à Trôo. Cette femme remarquable, décédée en 2002, a été reconnue « Juste parmi les Nations » par le Comité  Yad Vashem en 2004. Une trentaine d’enfants ont été ainsi  accueillis par des familles à Trôo, Saint-Jacques des Guérets et Saint-Quentin les Trôo.  Ils ont été scolarisés à l’école de Trôo. A cette époque,  ceux qui les hébergeaient de même que ceux qui connaissaient leur existence   et qui ne les dénonçaient pas, risquaient leur vie ou la déportation. « Tout le monde savait mais personne n’a parlé ». Un silence total a entouré cet épisode de l’histoire du village, et il  a perduré après la Libération.

En 1996, Rosette Alezard, l’une des enfants cachés durant la guerre, a pris  contact avec les autres ainsi qu’avec le maire de Trôo, Jacques Arlot, pour lui faire part de leur souhait  d’exprimer leur reconnaissance aux habitants de Trôo et des villages voisins,  en apposant une plaque commémorative. A cette époque, la Fonderie de la Plaine fonctionnait encore et c’est à cette entreprise troïenne qu’ a été confié le soin de la réaliser.

L’on peut y lire le texte suivant :

 En témoignage de reconnaissance aux habitants de Trôo, Saint-Jacques-des-Guérets, Saint-Quentin et de toute la région qui, aux heures sombres de l’occupation nazie et du gouvernement de Vichy, ont accueilli, protégé et sauvé des enfants juifs de 1942 à 1944

Des enfants cachés qui se souviennent – septembre 1996

La pose de la plaque sur le mur devant la mairie a donné lieu à une cérémonie à laquelle participaient la plupart de ces enfants cachés, revenus à cette occasion des quatre coins de la France.

Dans son allocution, Rosette  Alezard a rappelé que : « Dans toute l’Europe, on a arrêté et acheminé par millions, hommes, femmes, enfants, sur le seul critère qu’ils étaient juifs ou tziganes ou étrangers, sans compter les otages…

Malgré un gouvernement zélé qui a souvent devancé les ordres de l’occupant nazi,  la France s’honore d’être le pays d’Europe où a  sauvé le plus grand nombre de juifs. Ceci grâce à des milliers d’anonymes, de patriotes, de simples gens, de curés, de pasteurs, d’organisations clandestines qui n’ont eu pour devise que de sauver des enfants. »

30 ans après, alors qu’à travers la planète, la haine absurde et la lâcheté ordinaire combinent à nouveau leurs poisons, il est du devoir de chacun de faire preuve de vigilance et de fermeté pour combattre l’antisémitisme et le racisme dont l’émergence est chaque jour, plus prégnante ;  la cruauté et la perversité des uns sont aussi néfastes que  la pusillanimité de certains autres .

En célébrant  l’anniversaire de la pose de cette plaque, la municipalité s’inscrit dans le  Devoir de Mémoire et rappelle à tous, le courage et l’abnégation dont on fait preuve les habitants de Trôo et des villages voisins.

Sabine Campion

30ème anniversaire de la pose de la plaque de remerciement des enfants juifs cachés à Trôo samedi 26 septembre 2026 à 11h.