
La commémoration du 30ème anniversaire de la pose de la plaque de remerciement des enfants cachés à Trôo, a donné lieu à une cérémonie sobre et particulièrement émouvante à laquelle ont assisté Vincent Le Duff, Sous-Préfet, Christophe Marion, Député, Karine Gloanec-Maurin, conseillère régionale, représentant l’Association pour la Mémoire des Déportés, Laurent Brillard, président de la CATV ainsi que de nombreuses personnalités.
Après que Patrick Eclercy-Deterpigny, maire de Trôo, ait rappelé les circonstances de ce douloureux épisodes, lecture a été donnée de l’allocution de Jacques Arlot, qui était le maire du village en septembre 1996 lors de la pose de la plaque de remerciements*.
Puis, plusieurs membres de l’association « Au Cœur de Trôo » se sont succédés pour lire le discours de Rosette Alezard représentante en 1996, des enfants cachés : »Nous n’étions que des enfants… confrontés à un système d’extermination soigneusement pensé et élaboré…
…La France s’honore d’être le pays d’Europe où a sauvé le plus grand nombre de juifs. Ceci, grâce à des milliers d’anonymes, de patriotes, de simples gens, de curés, de pasteurs, d’organisations clandestines… »
« A Trôo, tout le monde savait mais personne n’a parlé » Le maire, le curé, les instituteurs et l’ensemble des habitants, tous se sont tus en dépit des risques encourus. Il y eut aussi cette femme, Marie-Josèphe Courbet qui a risqué sa vie pour convoyer les enfants depuis Paris. « Honneur aux anonymes qui ont travaillé dans l’ombre pour nous… », écrivait Rosette Alezard.
Ce 26 septembre, il est revenu aux enfants présents à la cérémonie de lire des extraits de témoignages des petits qui avaient trouvé refuge à Trôo ; la guerre terminée beaucoup étaient orphelins, leurs familles étant décédées en déportation. 80 ans après, ces récits demeurent d’autant plus poignants qu’au fil des ans, le nombre de témoins s’amenuise ; il faut que la mémoire perdure pour que cette horreur ne se reproduise jamais : « Ne laissez jamais dire que tout cela n’a pas existé… ne laissez pas s’instaurer la haine ! »,avait écrit Rosette Alezard.
La cérémonie s’est achevée par le dévoilement de la plaque et le dépôt d’une gerbe à ses pieds.
A un moment où, autour de nous, tout semble vaciller et où les vieux démons que sont l’antisémitisme et le racisme se placent en embuscade, l’initiative prise par l’association Au Cœur de Trôo et par la municipalité du village est un rappel opportun au Devoir de Mémoire et à la vigilance.
Sabine Campion

