Vendôme : Le Comité Vendômois de la laïcité mène le combat depuis 33 ans


Depuis plus de 30 ans, le Comité Vendômois pour la Laïcité se bat pour que soit compris et respecté l’un des principes fondamentaux de la République « La Laîcité ». L’article 1 de la constitution de la Vème République stipule que celle-ci assure : «  l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. » La laïcité peut se comparer à un terrain neutre au sein duquel tout le monde peut se rencontrer et se retrouver librement. André Comte-Sponville l’avait définie de la manière suivante : «  La laïcité n’est pas le contraire de la religion. Elle est le contraire de la théocratie (qui voudrait soumettre l’État à une religion), du totalitarisme (qui voudrait soumettre les consciences à l’État), et du fanatisme (qui voudrait s’imposer par la violence). »’ La France est une terre d’accueil où se retrouvent des populations d’origines et de cultures diverses. Les échanges entre elles doivent être une source d’ enrichissement intellectuel pour chacune à condition qu’ils aient pour corollaire la liberté  et le respect mutuel ;  le prosélytisme sous toutes ses formes doit être banni. « La Laïcité est la seule solution pour qu’il puisse y avoir la paix entre les gens venant d’horizons différents »  a écritElisabeth Badinter.

Si  l’énoncé du principe est clair, son application ouvre la porte à bien des interprétations parmi lesquelles se glissent les pièges insidieux, susceptibles d’en saper les fondements. L’école est naturellement l’une des cibles favorites des mouvements séparatistes et communautaristes qui, à travers elle, visent les fondements même de la République.

 Maryse Haslé, la présidente du Comité vendômois, se fait l’écho du défaut de compréhension qui se manifeste chez les plus jeunes enseignants quant à la défense de la laïcité dont ils ne perçoivent pas toujours le rôle véritable. Au lieu de voir en elle, la garantie de la liberté de conscience, ils l’appréhendent au contraire, comme une contrainte à cette même liberté. Cette insouciance et cette démotivation ouvrent la porte aux débordements et aux violences de la part des jeunes comme de leurs parents.

Dans son dictionnaire philosophique, Voltaire s’interrogeait : «  Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ? Lorsqu’une fois le fanatisme a gangrené un cerveau, la maladie est presque incurable. »

Comment ouvrir les yeux de tous en ce qui concerne la lente évolution qui progressivement, méthodiquement, détruit les fondements de notre société ?

L’idée est suggérée de faire appel aux élus locaux et nationaux pour que soit réalisé un « code de la laïcité » qui reprenne et simplifie les multiples textes qui ont vu le jour au cours des années ; leur enchevêtrement complique leur utilisation ce qui favorise le laxisme ambiant dans ce domaine pourtant essentiel.

Maryse Haslé a lancé un appel aux jeunes générations pour qu’elles rejoignent le comité ; il y un Devoir de Mémoire qui doit perdurer pour nourrir la réflexion des plus jeunes sinon tous les principes et les acquis, souvent chèrement obtenus,  vont tomber dans l’oubli. L’Histoire des civilisations nous montre qu’à leur apogée succède un inévitable déclin peut-être parce que de génération en génération, la peur des dangers s’émousse et la tolérance se transforme en complaisance.

Comme chaque année, Le Comité organisera une conférence pour tenter de sensibiliser à la défense de cette laïcité indispensable au « vivre ensemble ».

Le Comité adresse également à la municipalité nouvellement élue à Vendôme, une demande pressante pour que l’Esplanade devant le lycée Ronsard, soit baptisée du nom de Samuel Paty, un enseignant lâchement assassiné dans l’exercice de ses fonctions, pour que demain nos enfants, nos petits-enfants et toutes les générations qui suivront, puissent bénéficier des mêmes droits et des devoirs que nous.

Sabine Campion