Vendôme : Le devenir culturel du  Grand Manège pérennisé


« La culture nous apparait d’abord comme la connaissance de ce qui a fait de l’homme autre chose qu’un accident de l’Univers. » André Malraux-Les voix du silence.

Mardi 10 février, Joseph Zimet, Préfet de Loir-et-Cher, Christine Diacon, Directrice Régionale des Affaires Culturelles et Laurent Brillard, Maire de Vendôme, Président de la Communauté des Territoires vendômois ont signé le protocole d’accord mettant à la disposition de cette dernière, le Manège Rochambeau pour une durée de 30 ans.

Un patrimoine remarquable

Situé au cœur de l’ancien quartier militaire, le bâtiment d’une superficie de 1 400m2 d’un seul tenant, a été construit en 1856. Sa charpente a été réalisée en utilisant le système inventé par l’ingénieur  Camille Polonceau, associant des éléments de bois, de fer et de fonte, qui était préconisé à l’époque, pour couvrir les manèges militaires. Le nom de Camille Polonceau figure parmi ceux des 72 scientifiques inscrits sur la Tour Eiffel. Il faut noter que peu de structures de ce type existent encore à notre époque ; dans la région Centre, celle du manège Rochambeau est unique.  Par ailleurs, les fenêtres en plein-cintre de cette immense bâtisse, suggèrent l’existence de travées semblables à celles qui se trouvent habituellement dans les écuries.

37 ans de combat mené par des associations pour sauver ce patrimoine

Comme l’a rappelé Philippe Rouillac qui fut Président de la Société Archéologique du Vendômois durant près de trois décennies, dans les dernières années du XXe siècle, la municipalité de Vendôme, avait formé le projet de transformer le quartier Rochambeau en zone d’habitation avec un centre commercial, ce qui entrainait la destruction du Grand Manège.

Trois associations, la Société Archéologique, Résurgence et Perche Nature s’étaient mobilisées pour sauver ce bâtiment remarquable n’hésitant pas à porter le problème devant le Tribunal administratif dont la décision leur fut favorable. En 2003, le Grand Manège a été inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques. Par la suite, les services de l’Etat ont investi 1,2 millions d’euros dans les travaux indispensables à sa préservation.

Sauver le bâtiment était une première étape de la démarche des associations qui avaient une idée précise quant à l’affectation de ce lieu patrimonial si particulier. Le combat s’est donc poursuivi pour que sa vocation culturelle soit reconnue. « Il a fallu 37 ans ! »  a martelé Philippe Rouillac.

Pour la signature de cet accord qui marque la pérennisation de cette vocation, toutes les associations qui ont tant œuvré pour que la culture soit au cœur de la ville et accessible à tous, étaient représentées.  Les dimensions du lieu ouvrent la porte à tous les possibles : concerts, expositions, théâtre, danse, en un mot, toutes les formes de manifestations qui permettent à tous les publics, de tous âges, d’accéder à la culture.

La programmation

Dans le cadre de la  mise à disposition précaire qui existe depuis plusieurs années, des expositions et différentes manifestations ont été organisées au Manège Rochambeau mais l’absence de vision à long terme, limitait les programmations dans la mesure où la venue des artistes doit être anticipée de plusieurs mois voire de plusieurs années. Les expositions organisées par la Direction des affaires culturelles de la CATV ont fait l’objet d’un travail de médiation  auprès des établissements scolaires sur l’ensemble du territoire de la Communauté ainsi que dans les structures sociales.

De même la Biennale proposée par l’Association « Assemblage » inclut-elle de nombreuses animations à destination des différents publics ce qui lui permet de bénéficier d’une attractivité significative.

Laurent Brillard a rappelé que le Grand Manège est inclus dans la programmation culturelle du territoire.

Le dépôt lapidaire

Un système de double cloison  permettait à la DRAC d’utiliser le Manège Rochambeau comme dépôt lapidaire pour stocker quelque 500 fragments de  taille plus ou moins conséquente issus de monuments historiques situés dans la région (châteaux, églises, cathédrales…) dont la conservation doit être impérativement assurée. Comme l’a rappelé Christine Diacon, certains d’entre eux ont permis aux artisans chargés de la reconstruction de Notre-Dame, d’y puiser les indications indispensables à leur travail. Ces pièces dûment protégées seront transférées  dans un local approprié,  mis à disposition par la collectivité.

Sabine Campion