Vendômois : A la rencontre de l’Histoire avec le Régiment des Soissonnois du Maréchal de Rochambeau


«  Il convenait, écrira le ministre Montbarrey, de mettre à la tête du secours envoyé en Amérique, un chef instruit, qui eût de la réputation militaire, et qui, pût être agréable à la foule des étourdis qui désiraient servir dans cette guerre ».

En 1780, le général Rochambeau est à la tête des troupes envoyées par le gouvernement français pour apporter une aide à la libération des colonies américaines. Cet officier prestigieux, né à Vendôme en 1725, décédé en 1807 dans son château de Thoré-la-Rochette, a été élevé à la dignité de Maréchal en 1791. Plus discret, donc moins connu peut-être, que le bouillonnant La Fayette, il a été l’artisan de la victoire décisive de Yorktown en 1781.

Sa mémoire perdure et est honorée dans sa ville natale. L’identité d’une cité et d’un territoire est forgée par leur Histoire et par les personnages d’exception qui y ont vu le jour. Il est donc normal que leur mémoire y perdure et qu’elle soit transmise de génération en génération non seulement par les livres mais également par des moyens d’expression qui matérialisent leur action.

C’est ainsi qu’ en 2017, alors que la ville de Vendôme, accueillait des chefs d’entreprises renommées, l’idée est venue de créer une sorte de garde d’honneur, vêtue d’un uniforme porté par l’un des régiments  du corps expéditionnaire français, ayant participé à la libération des colonies américaines. « Le Soissonnois » qui  faisait partie, avec le Bourbonnais de ceux qui avaient assuré la victoire à Yorktown en 1781 avait été choisi. 2017 a donc vu la création de l’association « Rochambeau, nous voilà ! » qui a pris ensuite le nom de « Le Soissonnois, régiment de Rochambeau ». Forte de 23 adhérents parmi lesquels neuf revêtent l’uniforme blanc gansé de rouge et portent fièrement le fusil Charleville 1777 d’un poids de 4,6 kg.

Uniformes et équipements soigneusement reconstitués.

Afin de présenter une reconstitution au plus près de la réalité , les uniformes ont été confectionnés à Vendôme par les spécialistes d’ « Au Fil du Temps »  avec des tissus en provenance d’Angleterre et d’Allemagne ; les boutons sont en laiton ; quant aux guêtres, il faut compter un bon quart d’heure pour en attacher la myriade de petits boutons en bois.

Les fusils sont fabriqués en Italie ; ils fonctionnement avec de la poudre noire et une pierre de silex. Cette dernière provient de Meung-sur-Loire où se trouvent les derniers artisans qui en maitrisent la technique en Europe. Le chargement et le maniement de ces armes nécessitent un entrainement sérieux auquel s’astreignent périodiquement les bénévoles. Avec leurs épouses, ils reconstituent des campements qui permettent au public, notamment aux plus jeunes, de se familiariser avec la vie militaire de l’époque. Ils ont eux-mêmes confectionné le drapeau du régiment dont les quatre triangles symbolisent les quatre cantons de la Province..

Afin de remplir leurs objectifs qui sont de faire connaitre le rôle joué par Rochambeau dans la libération des colonies américaines et de promouvoir le Vendômois, « Les Soissonnois » ont noué des liens avec de nombreuses associations.  Ils ont participé à des reconstitutions historiques, notamment au tournage de l’émission « La Guerre des Trônes », en 2022-2023 ; ils sont également présents à Sully-sur-Loire ou Amboise et ils célèbrent chaque année la mémoire du glorieux Maréchal à Thoré La Rochette.

Les personnes qui sont intéressées par l’Histoire et sa transmission  notamment aux jeunes, d’une manière à la fois ludique et réaliste, sont invitées à rejoindre ce groupe sympathique ; les répétitions sont l’occasion de moments particulièrement conviviaux : sans téléphone, au milieu de la campagne luxuriante, ils partagent les plats savoureux préparés par des cuisinières émérites et se désaltèrent avec l’eau de la source ou quelque nectar local (à consommer avec modération).

Sabine Campion