Trôo : Marie-Josèphe Courbet accompagnait les enfants juifs de Paris à Trôo


Marie-Josèphe Philippe  était née en 1904, en Bretagne . Partie à Paris à 18 ans, elle a épousé   en 1922 le peintre-portraitiste, Lucien Courbet.   En 1932, le couple s’est installé  à Marseille . En 1936, Marie-Joseph a adhèré au Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme. En mai 1943, de retour à Paris, on lui a proposé un poste d’assistante sociale dans le dispensaire « La mère et l’enfant » qui, en lien avec l’Oeuvre de Secours à l’enfance (OSE), organisait le transfert des enfants juifs hors de Paris.

Marie-Josèphe a reçu la mission d’accompagner ces enfants hors de la capitale vers des familles qui acceptaient de les héberger en dépit des lourdes représailles qu’elles encouraient. Faisant fi des dangers multiples, la jeune femme a  conduit des dizaines d’enfants dans l’Orne et dans le  Loir-et-Cher en les faisant passer pour des réfugiés de la ville de Brest dont l’état civil avait été détruit par des bombardements. Au retour, elle rapportait de la nourriture en quantité afin de légitimer ses voyages.

Dans l’Histoire des Justes en France, Patrick Cabanel rapporte que 28 ou 29 enfants juifs avaient trouvé refuge à Trôo, Saint-Quentin et Saint-Jacques des Guérets.  Le dispensaire ayant reçu plusieurs visites de la Gestapo, son directeur a été arrêté. Marie-Josèphe Courbet s’est vu alors confier tous les dossiers  des enfants. Elle a poursuivi sa tâche après la Libération,   se chargeant des multiples démarches nécessaires à la réinsertion des enfants dans la société.

De retour à Marseille en 1945, elle est demeurée active au sein du Parti communiste et elle  a poursuivi son activité au sein de l’OSE de Marseille de 1946 à 1962 puis à l’Oeuvre de Protection de l’Enfance Juive enfin au Comité d’Actions Sociale Israélite de Marseille qui se portait au secours  des familles juives démunies et organisait les départs vers Israël.

Marie-Josèphe a pris sa retraite en 1969. En 1970, elle est devenue la première déléguée à la tutelle de la Société d’Hygiène du sud-est. Victime d’un grave accident en 1973, elle demeurera toujours présente, en dépit de son handicap. Elle a cessé ses activités en 1980 et est décédée le 14 juillet 2002.

Le 26 octobre 2004, le Comité français Yad Vashem lui a décerné, à titre posthume, le titre de « Juste parmi les Nations. » Ces Justes  « ont incarné l’honneur de la France, ses valeurs de justice, de tolérance et humanité », ainsi qu’il est inscrit sur la plaque commémorative apposée au Panthéon lorsque les Justes de France y ont fait leur entrée, le 18 juin 2017.

Sabine Campion

Le 26 septembre 2026 à 11h, l’association « Au Coeur de Trôo » et le Conseil municipal de Trôo commémoreront le 30ème anniversaire de la pose de la plaque de remerciement à la commune des enfants juifs cachés à Trôo