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Art et culture

Loir en Vallée : « Flinch », des artistes contemporains prestigieux aux Moulins de Paillard

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Shelly de Vito a présenté l'exposition crédit photo Le Mille-Pattes

Comme en témoigne « Flinch », l’exposition qui vient d’ouvrir ses portes aux Moulins de Paillard à Poncé-sur-Loir, ceux-ci sont devenus une véritable référence en matière d’art contemporain puisque l’on y retrouve des œuvres d’artistes exposées dans des lieux aussi prestigieux que le Centre Pompidou, le MoMA, la Tate Modern Galery ou encore dans la collection Pinault à la Bourse de commerce à Paris.

Francis Alys, un artiste et architecte belge pluridisciplinaire a réalisé une vidéo montrant une voiture « Coccinelle » Volkswagen entrant en collision avec le tronc d’un arbre sans raison apparente, au sein d’un paysage paisible. Le conducteur quitte le véhicule accidenté sur ces mots « la nature fera le reste ». L’artiste entend signifier par là qu’il sera bientôt envahi par la végétation et crée un parallèle avec l’ enclave sauvage de la ville laissée à l’abandon qui sert de cadre.

Béatrice Balcou s’interroge sur la place des « pièces assistantes » qui mettent en valeur l’œuvre d’art : « A partir de quand les pièces assistantes peuvent-elles « faire œuvre » d’assistanat ou de médiation sans renoncer au statut d’œuvre d’art ? Comment peuvent-elles rester modestes, discrètes tout en étant visibles ? ».

Tacita Dean avec « The Green Ray », fait référence au roman de Jules Verne « Le Rayon vert ». Ce rayon vert est un faisceau lumineux qui peut apparaitre brièvement au coucher du soleil sur l’Océan. Tacita a saisi ce phénomène sur un film celluloïd partant du principe que celui-ci permet de capter des images que le numérique ne saisirait pas. La réalisatrice considère en effet que les deux technologies doivent coexister afin de nous permettre de mieux appréhender le monde qui nous entoure.

Walid Raad est un artiste libanais dont le projet artistique tourne autour d’un centre de recherche imaginaire, destiné à préserver les archives de toute nature. Il s’interroge sur la réalité avec laquelle les faits historiques sont rapportés et suggère que ceux-ci sont sujets à de multiples interprétations suivant la personne qui les relate.

Katinka Bock, sculptrice et plasticienne allemande, a déjà exposé à Paillard en 2012. Elle travaille la céramique, la pierre calcaire ou la terre non cuite. Elle met en scène la fragilité des matérieax. Le film « Couler un tas de pierre », présenté à Paillard, raconte le naufrage lent d’une barque remplie de pierre au milieu d’une rivière, « une confrontation entre le fluide et le minéral ».

Dans son film « Sugar Water », Eric Beaudelaire montre une station de métro inconnue au milieu de nulle part, dans laquelle un colleur d’affiche pose, petit à petit, les différents lés qui composent l’image d’une rue où sont garées des voitures. A peine cette première opération terminée, l’homme recommence et une nouvelle image apparait montrant l’explosion de la voiture au premier plan, l’image suivante fait apparaitre le véhicule en combustion, puis une autre montre la carcasse calcinée, la dernière transformation est un retour à l’aspect initial du panneau publicitaire. Pendant ce temps, les voyageurs indifférents montent et descendent de la rame de métro. Ainsi que l’a noté Jean-Charles Vergne, ancien directeur de la FRAC Auvergne : « Le titre du film, Sugar Water, fait référence à une phrase de Bergson dans laquelle le philosophe explique que pour prendre la pleine mesure de l’écoulement du temps, il suffit de regarder un sucre fondre dans de l’eau. Le temps très long du film – 72 mn – et son action étirée au maximum donnent cette mesure temporelle par une lenteur qui empêche quasiment le spectateur de voir l’œuvre dans son intégralité ».

« Fata Morgana » de Werner Herzog , réalisateur allemand, est un poème épique en trois parties : la Création, le Paradis et l’Age d’or, que l’auteur résumait ainsi dans la revue « Positif » : « "L’origine de Fata Morgana, avait au départ une histoire proche de la science-fiction. Le premier jour de tournage, j’ai jeté le scénario et je n’ai gardé que les visions, cette nouvelle perception de notre monde…. C’était comme une hallucination. Je pensais que Fata Morgana était si fragile, si proche de ce que je ressentais profondément, que je n’osais pas le montrer. J’avais peur que les gens ne rient et que je me sente insulté. »

Sabine Campion

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